Francis Kaplan

  • Propos sur Alain

    Francis Kaplan

    Les six textes rassemblés ici donnent une vue globale de la pensée du philosophe Alain, point d'entrée qui faisait défaut jusqu'ici. Ce recueil de textes inédits ou introuvables réjouira non seulement les personnes que la pensée d'Alain intéresse, mais il fera découvrir l'importance et l'originalité de ce philosophe à ceux que ne le connaissent pas ou qui n'en ont qu'une idée vague et scolaire. De manière toujours parfaitement claire, en intégrant directement au texte de nombreuses citations d'Alain, Francis Kaplan traite successivement des grands thèmes que sont la vérité, la religion, la politique, l'économie, la guerre et l'antisémitisme. Ce dernier chapitre - inédit - est très attendu, à cause des accusations d'antisémitisme suscitées par la publication récente du journal d'Alain. L'analyse de Francis Kaplan, spécialiste d'Alain mais aussi spécialiste de l'antisémitisme (auteur notamment de La passion antisémite, Le Félin, 2011) , est particulièrement éclairante. La postface rédigée par Thierry Leterre, spécialiste d'Alain, auteur de la biographie de référence du philosophe et président de l'association du musée Alain, traite de l'édition folio des Propos sur les pouvoirs de Francis Kaplan. En analysant la manière dont Kaplan a composé son édition, il donne au lecteur les clés pour aborder une oeuvre faite de milliers de propos écrits au jour le jour... et l'envie de s'y plonger.

  • Francis Kaplan (1927-2018), professeur de philosophie à l'université de Tours de 1967 à 1995, enseignait de soumettre toutes les thèses et tous les arguments au débat contradictoire : "Il n'y a de preuve en philosophie que par l'examen exhaustif de toutes les théories concevables sur un problème donné, de tous les arguments, de toutes les critiques qu'on a pu ou qu'on aurait pu apporter pour conforter ou réfuter ces théories." Avec cette méthode, il a traité, en constant dialogue avec la science contemporaine, de la vérité, de l'espace et du temps, de l'homme, de la vie, de la religion, de la politique et de la morale. On lui doit aussi une édition des Pensées de Pascal classées selon les indications manuscrites. Peu d'oeuvres philosophiques ont une telle ampleur, et aucune n'a été menée avec une telle rigueur méthodique.

    Ce livre est un hommage à cette méthode. Philosophes, biologistes, physiciens, psychologues, historiens, littéraires, juristes ou économistes, tous spécialistes des divers problèmes qu'il a traités, ont été invités à dire ce qu'ils pensaient des solutions qu'il a proposées.

    Les auteurs : Françoise BARBARAS, Hervé BARREAU +, Alain BESANÇON, Hélène BOUCHILLOUX, François BREMONDY, Bernard D'ESPAGNAT +, Georges CHAPOUTHIER, Genevière EVEN-GRANBOULAN, Dominique FOLSCHEID, Ingrid GALSTER +, Jean GAYON +, Etienne KLEIN, Dominique LAPLANE, Thierry LETERRE, Pierre MAGNARD, Jean-Pierre MARGUENAUD, Jean-François MARQUET +, Stéphanie MARTINI, Hélène MICHON, Michel MORANGE, Bernardo PEREZ ANDREO, Claire PIGNOL, Bruno PINCHARD, Yvon QUINIOU, Alain SEGUY-DUCLOT, Philippe SELLIER, Thierry SUCHERE, Claude TAPIA, Bernhard H.F. TAURECK, Frédéric VENGEON, Jean Louis VIEILLARD-BARON.

  • Jusqu'au milieu du XIXe siècle, l'Église catholique ne considérait pas un avortement fait avant le quarantième jour comme un homicide. Depuis, la situation a changé et l'embryon est devenu le symbole de nombreuses crispations, à la fois scientifiques et religieuses. S'appuyant sur les dernières avancées de la biologie, Francis Kaplan tord le cou à de nombreuses idées largement répandues : non, l'embryon n'est pas un être vivant et humain en puissance puisqu'il dépend de sa mère pour se développer. Voici un essai qui remet les pendules à l'heure de la science et de l'épistémologie.

  • Qu'est-ce que la vie ? Ce problème s'est posé à l'homme depuis des millénaires, et malgré les immenses progrès de la biologie, le statut du vivant reste, quoiqu'on en pense, toujours aussi incertain : les tentatives de réduction de l'organique au physico-chimique laissent toujours un résidu inexplicable, tandis que les définitions de la spécificité du vivant hésitent entre la tautologie et l'irrationnel. Francis Kaplan prend ces problèmes à bras le corps et fournit une introduction philosophique sans équivalent aux avatars du concept de vie depuis l'Antiquité grecque jusqu'aux controverses actuelles sur le hasard et la nécessité, l'émergence de la vie et les rapports entre conscience et matière. Il montre que ni la finalité théologique ni la réduction de la vie à la matière, ni les théories vitalistes n'apportent une réponse satisfaisante à l'énigme de la finalité biologique, qu'il n'y a pas de concept adéquat et que cette finalité relève en fait d'un bricolage intellectuel. Entre le danger d'une dérive théologique et le carcan de la stricte orthodoxie darwinienne, il y a donc une place pour l'explication de la vie par un concept bricolé qui rende mieux compte du. travail effectif des biologistes.

  • Francis Kaplan est l'auteur des Trois communismes de Marx, «une des plus remarquables synthèses qui ait jamais été donnée de la philosophie de Marx, un vrai Marx » dit François Ewald, dans le Magazine Littéraire. C'est le Marx annonçant et prônant une révolution politique et sociale. Dans Le Matérialisme historique et les mécanismes de l'Histoire il s'agit d'un Marx ici encore révolutionnaire, mais sur le plan des idées, en tant qu'historien, révolutionnant la manière de faire de l'histoire en y introduisant les facteurs économiques ; et les plus grands historiens du XIXe siècle, quel que soit leur bord politique, si éloignés fussent-ils de vouloir une révolution communiste, ont été sur ce point ses disciples et ont reconnu leur dette à son égard. Contrairement à ce qu'on pense généralement, pour Marx le facteur économique essentiel n'est pas la lutte des classes, mais l'état des forces matérielles de production, les progrès techniques dont les luttes des classes ne seraient que la conséquence. Mais il y a aussi des facteurs nonéconomiques, le facteur national, le facteur individuel, le facteur géographique, le facteur idéologique. Pour le matérialisme historique, ils ne sont pas au même niveau ; le facteur économique est le facteur déterminant en dernier instance, dit Engels, mais il le dit sans plus s'expliquer. Francis Kaplan montre qu'en réalité cela ne va pas sans problèmes, mais qu'il est possible de résoudre ces problèmes en précisant dans quel sens il faut prendre l'expression « dernière instance ». Ce qui ne va pas non plus sans problèmes, c'est la conception historico-matérialiste de l'idéologie - problèmes que Francis Kaplan met longuement en évidence.

  • Francis Kaplan propose une synthèse originale du marxisme et révélant de nombreux textes méconnus ou occultés, il démontre que, pour l'auteur du Capital, il existe, en réalité, trois communismes: humaniste, éthique et historico-matérialiste, pas toujours cohérents entre eux. Francis Kaplan met en relief leurs logiques, leurs problèmes et leurs hésitations...

  • Après avoir étudié d'une manière exhaustive les différentes théories cherchant à expliquer l'antisémitisme, l'auteur montre que, dans la mesure où il est spécifique, il ne s'explique pas par l'ignorance ou comme une erreur normale que tout le monde peut faire par étourderie, par raisonnements trop rapides ou par fautes d'attention, aboutissant à des affirmations fausses, sans doute, mais plausibles ; les affirmations par lesquelles il s'exprime ne sont, en effet, pas plausibles de la part de celui qui les exprime, compte tenu de ce qu'il ne peut pas ne pas savoir, de ce qu'il a dit par ailleurs, de leur aspect évidemment faux ou des contradictions évidentes qu'elles impliquent et c'est en quoi l'antisémitisme relève de la passion. Les idéologies antisémites ne sont qu'une manière d'habiller cette passion pour essayer de leur donne une apparence rationnelle. L'auteur le montre à propos de ces idéologues de l'antisémitisme que sont - on s'en étonnera pour certains - Pascal, Spinoza, Kant, Fichte, Hegel, Feuerbach, Fourier, Proudhon, Marx, Wagner, Weininger, Simone Weil, en mettant à part les cas de Renan et de Nietzsche.

  • L'auteur cherche, d'abord, à définir les concepts de temps et d'espace, c'est-à-dire non ce qu'ils sont en réalité, mais ce que nous avons dans l'esprit lorsque nous en parlons.
    Il constate à partir de là que la réalité, en première analyse, ne leur correspond qu'à peu près - que ce sont des idéaltypes - et que nous sommes obligés de les " bricoler " pour les adapter à elle. La mécanique quantique, la cosmologie et la simple expérience psychologique semblent nous faire aller plus loin et nous faire accéder à une réalité non temporelle et non spatiale, mais là encore, d'une manière ambiguë et seulement négative.
    Si alors, au lieu d'interroger la réalité, nous interrogeons le temps et l'espace eux-mêmes, nous constatons qu'ils sont essentiellement subjectifs comme le sont les sensations, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas plus l'image de la réalité que la sensation du rouge produite par un coquelicot n'est l'image du coquelicot réel. Il est vrai qu'à la sensation du rouge correspond une onde électromagnétique.
    Quelque chose dans la réalité correspond donc nécessairement au temps et à l'espace, mais tandis que nous connaissons ce qui correspond dans celle-ci aux sensations, nous ne pouvons le faire en ce qui les concerne, faute d'un accès positif à une réalité absolument non temporelle et non spatiale. Ce qui nous oblige à vivre en double registre - sur le mode de la réalité du temps et de l'espace et sur le mode de leur irréalité.

  • Depuis 35 ans, des éthologistes ont mis au point des langages gestuels et des symboles visuels grâce auxquels ils semblent avoir de véritables conversations avec les singes ; une guenon se montre ainsi capable de retenir 244 mots, de les ordonner selon une certaine grammaire et d'en transmettre une partie à sa progéniture...
    Peut-on encore affirmer que le langage est le propre de l'homme ?
    A travers une enquête passionnante, Francis Kaplan analyse les travaux de ces chercheurs et expose leurs différentes réponses ; méthodiquement, il explore les particularités respectives du langage animal et du langage humain pour cerner leurs différences. A partir d'une théorie fonctionnelle, l'auteur parvient à établir que seul l'homme possède la fonction représentative du langage.
    Il peut ainsi accéder à un autre monde que le monde empirique, fait de mots et de pensée.
    Il est non seulement un être conscient, comme l'est aussi l'animal, mais surtout un être conscient capable d'être universel. Par là même, il est le seul à posséder une morale au sens fort du terme, c'est-à-dire des devoirs. Mais si l'animal - qui n'a que des comportements " apparemment moraux " - n'est pas un " sujet moral ", l'homme n'a-t-il pas pour autant des devoirs envers lui ?

  • Qu'est-ce que la vie ? Ce problème s'est posé à l'homme depuis des millénaires, et malgré les immenses progrès de la biologie, le statut du vivant reste, quoiqu'on en pense, toujours aussi incertain : les tentatives de réduction de l'organique au physico-chimique laissent toujours un résidu inexplicable, tandis que les définitions de la spécificité du vivant hésitent entre la tautologie et l'irrationnel. L'étude du vivant, contrairement aux autres sciences, ne peut pas se passer de l'idée de finalité. Derrière les notions de fonction, d'organe, d'adaptation ou de pathologie, rôde toujours la question : à quoi sa sert ? Mais les biologistes ont un peu honte d'une particularité qui semble ramener les fondements de leur discipline aux idées naïves du sens commun. L'essai de Francis Kaplan prend ces problèmes à bras-le-corps et fournit une introduction philosophique sans équivalent aux avatars du concept de vie depuis l'Antiquité grecque jusqu'aux controverses actuelles sur le hasard et la nécessité, l'émergence de la vie et les rapports entre conscience et matière. Il montre que ni la finalité théologique ni la réduction de la vie à la matière, ni les théories vitalistes n'apportent une réponse satisfaisante à l'énigme de la finalité biologique. Quant à l'explication par le rôle du hasard, même associé à la sélection naturelle, une analyse probabiliste sérieuse montre qu'elle se heurte à des difficultés insurmontables. Le fait que la vie soit compréhensible reste donc incompréhensible. C'est une leçon d'humilité pour la raison, mais cela n'empêche pas la biologie de fonctionner et de progresser. Entre le danger d'une dérive théologique et le carcan de la stricte orthodoxie darwinienne, il y a donc une place pour une définition pratique de la vie qui rende mieux compte du travail effectif des biologistes.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1995)

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